l'île de Pâques



 

GÉOGRAPHIE et FLORE

L'île est constituée d'une terre aride, dénudée, desséchée par le vent qui empêche la végétation de pousser sur un sol fertile. A proximité des villages, des champs protégés de murs avaient été creusés dans le sol en forme de cuvette. L'arbuste TOROMIRO était utilisé pour la sculpture. Les vêtements étaient confectionnés en écorce du MAHUTE.

Les lacs des cratères sont recouverts de joncs de TOTORA utilisés pour faire les paniers, les toits des maisons et certaines embarcations. Ces lacs étaient aussi la seule source d'eau douce.



 

ETHNOLOGIE ET ARCHÉOLOGIE

Les taches d'investigation aux ethnologues et archéologues furent rendues difficiles par la tragique disparition de notables de l'île en 1862. Le premier travail date de Mr ROUTLEDGE en 1914. Le père Sébastien fit l'inventaire de MOAIS et des AHUS durant sa vie dédiée à l'île de pâques de 1935 à 1969.

Le plus vieil AHU est daté de 857+- 200 ans. Les AHUS sont des édifices religieux proches des MARAES polynésiens qui sont construits de blocs de pierres ordonnés et ajustés sans mortier. Celui de Tongariki atteignait 145m de long sur 4m de haut. Ils servaient de support aux MOAI.

En 1680, une bataille meurtrière entre deux importantes tribus de l'île expliquerait que les MOAIS aient été retrouvés ventre à terre. Les murs de AHU VINAPU I construit de gros blocs de pierres taillés et ingénieusement imbriqués posent la question de l'influence américaine. Tout comme les patates douces qui étaient un élément de base. La langue utilisée, les MOAIS et beaucoup d'autres détails prouvent que les Pascuants venaient de Polynésie. Des preuves archéologiques et botaniques tendent à démontrer que les premiers habitants de l'île étaient d'origine sud-américaine. Par la suite, des Polynésiens seraient venus en pirogue des îles Marquises pour faire de l'île leur patrie.



 

RANO RARAKU

Le cratère et les flans du RANO RARAKU sont l'atelier à ciel ouvert où ont étaient sculptées toutes les statues (1000). Plus de 300 sont encore là dans différents états de fabrication. C'est dans ce chantier que l'on trouve le plus grand qui aurait fait 20 mètres de haut.

Le mystère ne demeure pas dans leur imposante taille, mais il est plutôt lié au problème du transport. Car ces MOAI devaient parcourir `par magie' parfois plusieurs kilomètres. La pose des PUKAO, cylindre en tuf rouge posé sur la tête des MOAI pour représenter la chevelure des hommes devait être aussi une opération très délicate.

C'est en 1968 que HEYERDAHL relève la statue d'ANAKENA. Puis en 1960 MULLOY et FIGUEROA restaurent l'AHU AKIVI (les 7 explorateurs). En 1968 MULLOY restaure l'AHU TAKAÏ. C'est son assistant, l'archéologue Sergio RAPU qui découvre le premier oeil fait de corail.



  SITE D'ORONGO

C'est sur la partie de la crête du cratère de RANO KAO qui surplombe les hautes falaises noires que se trouve ce village de maisons en forme de pirogue faites de pierres sèches. De ce village les prêtres, les prétendants pour le titre d'HOMME-OISEAU, et leur serviteur (HOPU) observaient les îlots de MOTU NUI, MOTU ITI où les MANUTARA (oiseaux de mer) venaient pondre leurs oeufs.

Le guerrier qui rapportera le premier oeuf pondu sera élu HOMME-OISEAU ou TANGATA MANU. On lui rasera le crâne et devra séjourner pendant un an dans une grotte. Très peu de personnes auront le droit de le voir et ses repas seront préparés par des personnes habilitées à le faire. Il était soumis à de sévères interdits pour son caractère sacré.

Pendant l'attente, la population se retrouvait sur la pente pour attendre et célébrer celui qui sera désigné.


 

OBJETS

Jusqu'en 1722, les habitants de l'île vivaient à l'âge de pierre. Des haches `TOKI' grossièrement polies dans du basalte ou en éclat d'obsidienne étaient utilisées. Les hameçons étaient confectionnés en os.


Le bois rare donc précieux était essentiellement utilisé pour faire les KAVA KAVA et les tablettes. Les KAVA KAVA représentaient le diable. Ces statuettes très sacrées étaient suspendues dans les cases. Les hommes les portaient dans leurs bras quand ils dansaient.



  LES MISSIONNAIRES

Le frère EYRAUD bouleversé par la détresse du peuple s'installe à ANAKENA en 1864. Il fait un premier séjour pendant lequel il subit des sévices de la part de Pascuants. Il est recueilli squelettique et mourant par un bateau de passage. Mais, il revient accompagné deux ans plus tard afin de construire une église et de convertir les Pascuants au christianisme.

Vers 1868 s'installe sur l'île le Français DUTROU BORNIER qui exploitera les ressources de la terre et les habitants de l'île. Il sera assassiné et remplacé par un Tahitien.

Plus tard, en 1935, c'est le Père Sébastien ENGLERT qui consacrera sa vie à l'île de Pâques. Pendant plus de 35 ans, il sera à la fois pasteur, historien, architecte et ethnologue. Il inventoriera les AHUS et les MOAIS. Et écrira un livre "La terra de Hotu Matu'a" édité en 1948.


 

AUJOURD'HUI

En 1981, il existait 1820 personnes de nationalité Pascuane dont 1300 à 1400 vivaient sur l'île. L'île possède une ville assez étendue où se trouve l'église (lieu de rencontre très fréquentée le dimanche), la poste, le marché et l'hôpital.

Le centre archéologique est confié à Sergio RAPU. Tous les ans une fête (TAPITI RAPA NUI) est organisée sur toute l'île au début du mois de février. Une seule ligne aérienne (Santiago du Chili - Papeete) permet de se rendre sur l'île. Mais là-bas, on n'est plus sur terre, c'est un autre monde. Si vous passez au Chili ou en Polynésie française, n'hésitez pas une seconde, faites un détour sur l'île de Pâques (5 heures d'avion de Papeete).